Chapitre 7: Phibie à l'océan
L'histoire d'un voyage en train de Phibie avec sa maman vers l'océan.
Phibounia adorait courir.
Elle courait sur les plages, dans les forêts, après les vélos, après les chats, et même après Louis — quand ils jouaient ensemble.
Louis riait et criait :
— Phibie, attention ! Je vais salir mon écharpe préférée !
Mais en réalité, ça lui plaisait.
Un jour de printemps, maman dit :
— Phibie, et si on partait pour un petit voyage, juste toi et moi ?
Grand-père les emmena à la gare. Elles achetèrent de quoi manger pour la route et se tinrent déjà sur le quai, attendant le train.
Dans le train, Phibie s’installa près de la fenêtre, posa la tête sur les genoux de maman — et elles voyagèrent ainsi, enlacées, pendant plusieurs heures.
Le train était à deux étages, et d’en haut on voyait toutes les villes qu’elles traversaient.
Enfin, elles arrivèrent.
C’était une petite ville chaleureuse. Il y avait de jolies maisons anciennes, beaucoup de crêperies, une odeur de mer et le bruit des vagues. Tout cela paraissait encore plus merveilleux avec l’océan tout près.
Il faisait frais, mais les vagues étaient si belles que Phibie ne cessait de les regarder.
Avec maman, elles prirent beaucoup de photos, mangèrent des crêpes, et maman faillit acheter un énième magnet, mais changea d’avis à temps.
Dans ces petites villes, les gens ne sont jamais pressés et aiment beaucoup les chiens. En une seule journée, tant de personnes vinrent voir Phibounia qu’elle finit même par se fatiguer des câlins ! On la caressait, on la complimentait et on souriait à maman. Phibie était heureuse.
Heureusement, maman lui avait mis un petit pull le matin pour qu’elle n’attrape pas froid.
Comme il y avait beaucoup de pêcheurs dans la ville, Phibie courait vers eux pour voir s’ils n’avaient pas un peu de poisson.
Un jour, elle remarqua un chien pêcheur.
Il portait un bonnet de pêche et observait attentivement son maître en train de pêcher.
Phibie fit sa connaissance :
— Salut, moi c’est Phibie !
— Salut, moi c’est Bénédict,
— répondit-il sans quitter la canne à pêche des yeux.
— Tu n’es pas d’ici, n’est-ce pas ?
— Non, maman et moi sommes venues passer la journée.
On est venues en train et on a mangé des crêpes. C’est super chez vous ! Et en plus, on donne souvent du poisson à goûter.
Bénédict soupira :
— C’est vrai… mais il y a de moins en moins de poisson ces derniers temps.
Mon maître a tout essayé : différents appâts, différentes cannes — rien n’y fait.
— Hm… peut-être que tous les poissons sont partis en vacances ? — proposa Phibounia.
— Peut-être…
— répondit Bénédict.
— Alors il faudra aller les chercher en vacances nous aussi.
Phibie éclata de rire et, comme elles n’avaient rien à grignoter, elle lui dit au revoir et courut rejoindre maman, qui la cherchait déjà.
La nuit commençait à tomber, et elles se dirigèrent vers la gare pour attendre le train. En chemin, Phibounia dormait dans les bras de maman.
Les contrôleurs vérifiaient les billets et la caressaient doucement — elle ressemblait vraiment à une peluche.
Quand grand-père vint les chercher à la gare, il s’exclama :
— Oh là là, Phibie, comme tu es sale !
— Il va falloir la laver,
— dit maman.
« Me laver ?! Moi ?! » — s’effraya Phibie.
Bon, d’accord, elle avait sauté deux ou trois fois dans une flaque… et un peu roulé dans le sable… et encore une fois dans l’herbe. Mais ce n’était pas vraiment sale, si ?
Tout le trajet du retour, elle réfléchissait à comment éviter le bain.
« Et s’ils coupent aussi les griffes ?! » — elle répétait déjà dans sa tête comment elle allait se cacher sous le lit.
Mais rien n’y fit, et on l’emmena dans la salle de bain.
Phibie n’aimait pas se laver, parce qu’elle aimait son odeur naturelle. Mais maman fit couler de l’eau tiède, la savonna avec un shampoing pour chiens sur lequel était dessiné un spaniel, et lui fit un massage des pattes.
Phibie admit que ce n’était finalement pas si terrible.
Mais ensuite, on sortit le sèche-cheveux.
« Là, c’est trop ! » — pensait Phibie en aboyant furieusement contre lui.
Le sèche-cheveux ne tint pas longtemps — on l’éteignit.
Mais alors arriva le pire :
on sortit le coupe-griffes.
« Pas le manucure des griffes ! » — pensa Phibie.
Mais il était trop tard : grand-père la tenait déjà dans ses bras, et maman cherchait ses griffes dans sa fourrure.
Phibie essaya de s’enfuir, soupira, fit semblant de s’évanouir — rien n’aida.
Grand-père lui racontait une histoire sur des hippopotames, pendant que maman lui coupait les griffes. Cela ne dura que cinq minutes, mais pour Phibie, cela semblait une éternité.
Phibie fila vers son petit lit douillet, s’enroula dans sa couverture et… s’endormit aussitôt profondément.
Et elle rêvait que maman et elle marchaient à nouveau sur la plage.
Seulement, dans ce rêve, personne ne la lavait.